États d'âme
Par Cyril le lundi 7 mai 2007, vers 13:22 - Divers - Lien permanent
Je ne comptais pas parler politique ici. Je m'étais même promis de l'éviter, pour des raisons que je préfère garder pour moi. Je pense que c'est un mail d'un ami qui m'a fait changé d'avis. Un mail d'un ami sympathisant PS, disant qu'il était déçu et triste pour son pays. Répétant qu'il était triste.
Je suis de gauche, depuis «tout le temps». Pour moi, ça veut dire préférer le partage à l'individualisme, que les plus forts aident les plus faibles, Et sur cette élection, notre nouveau président s'était positionné incroyablement à droite. Beaucoup plus que ne l'a jamais fait Chirac (et donc tout probable candidat de second tour depuis que je suis en âge de voter). Alors pour moi, même si Royal ne m'emballait vraiment vraiment pas, par tout ce qu'elle est et les bourdes qu'elle a faites, le choix était fait d'avance.
Alors oui, je suis déçu. Je suis déçu de voir que cela se joue à peu de choses, en particulier à des gens du centre qui choisi de voter à droite pour barrer la route à la candidate PS, parce qu'ils la trouvent dangereuse. Mais je ne suis pas totalement déçu. Le discours de notre nouveau président était un bon discours, et si on enlève le passage sur la retour de la morale, qui me parait le plus dangereux de sa pensée, la suite était bonne. La partie internationale du discours était bonne, parce que c'était un vrai discours de président. C'est possible qu'il soit un bon président. On ne pensait pas que Chirac y arrive non plus, mais pour moi c'est très clair : Chirac a été un très bon président, celui qui a défendu ardemment le protocole de Kyoto, le refus de la guerre en Irak, et d'autres combats terriblement humains.
Sarkozy ne sera plus jamais ministre. Il ne fera plus jamais réellement ce qu'il a dit qu'il ferait, parce que ce n'est pas le président en France qui décide les lois. Ce sera même peut-être un bon président (c'est encore à voir, notamment pour l'Irak et le Moyen-Orient). Il faudra qu'il se plie au niveau national à ce que disent le gouvernement et l'Assemblée Nationale. C'est l'espoir que l'on peut avoir aujourd'hui, en pensant à ce qu'est devenu Chirac depuis qu'il est président : on ne l'entend plus, et à part choisir le premier ministre (ce qu'il a d'ailleurs toujours très mal fait :) ) il n'a plus eu d'influence sur nos vies. Gageons qu'il en soi de même pour Sarkozy,
Bien sûr, on peut avoir peur, de ce qu'il dira sur les positions interventionnistes américaines et sur la construction européenne. Je ne sais pas ce qu'il adviendra. J'avoue préférer ne pas y penser.
Maintenant, il nous reste les élections législatives. C'est dans trois semaines. Si on arrive à inverser la tendance, on aura un gouvernement de gauche et une politique loin de celle que nous ont promise Sarkozy et ses partisans. Ce sera très difficile néanmoins, parce que le PS va éclater, parce que le PC a encore pris une claque, parce que le nouveau MD est encore très jeune et indéterminé sur son orientation.
Et un jour, il faudra qu'on pense réellement à changer ce qu'il faut pour ne plus avoir ce faux débat aux élections présidentielles. Le peuple français a élu un président sur sa personnalité, très loin d'un programme de président, qui ne devrait porter que sur l'international, la sécurité du pays, et les institutions. À la place d'un débat sur ces programmes, on a déjà eu le combat des législatives avant l'heure, ce qui n'est pas normal.
Pour finir, je suis triste, bien sûr, comme un homme de gauche qui a perdu une bataille. Mais ce n'est pas si grave. On continuera de se battre pour ne pas perdre trop de libertés. Et je n'en veux pas à la France entière de ce choix, on verra ce que le futur nous réserve.